Handicap psychique : « Avant de penser à recruter, il faut s’occuper du maintien dans l’emploi » (Diane-Flore Delpachtère)

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Mercredi 3 mai 2017

Lu pour vous AEF du 2 mai 2017

 

Par Evelyne Orman

Il y a sept ans, Diane-Flore Depachtère fonde le cabinet DFD Consulting, spécialisé dans l’accompagnement pour l’intégration de la différence en entreprise. Cette diplômée en psychologie a développé, avec ses deux collaboratrices, un service d’accompagnement et de coaching à destination des entreprises sur le maintien dans l’emploi et s’est concentrée depuis 2012 sur des recherches sur les troubles psychiques. Et sur ces questions, rien n’a changé depuis une quinzaine d’années, selon elle. Sollicité pour des sessions de sensibilisation, de formation, ou encore de diagnostics, son cabinet a récemment été choisi par la Caisse de sécurité sociale de Guyane qui commence à réfléchir sur la sensibilisation de ses collaborateurs à ces questions. 

©DR« Dans le cadre de leur politique handicap, les entreprises s’efforcent souvent de trouver des solutions d’aménagement des postes de travail. Souvent, cela ne marche pas et les salariés ne sont pas complètement satisfaits des solutions qu’on leur propose », observe Diane-Flore Depachtère, fondatrice du cabinet DFD consulting. Cette diplômée en psychologie, ayant travaillé de longues années chez General Electric notamment en tant que chargée de mission handicap, a monté en 2010 son propre cabinet qui accompagne les entreprises sur le thème du handicap. Au travers de formations, de diagnostics, d’audits et de sessions de sensibilisation, cette dernière opère au sein de grands groupes comme pour des collectivités locales.

Depuis 2012, elle travaille plus particulièrement, avec ses deux collaboratrices, sur le thème du handicap psychique. « Notre offre est multiple, allant de mission de diagnostic conseil, d’accompagnement des missions handicap, avec création et animation de réseaux de référents, à la mise en place d’actions de sensibilisation, en passant par le déploiement de formation des acteurs (RH, managers, services de santé au travail, partenaires sociaux, acheteurs) et des propositions en coaching individuel, d’équipe et médiation », précise la fondatrice.

UN MANQUE DE COURAGE MANAGÉRIAL

Selon elle, avant de penser au recrutement de personnes en situation de handicap, il faut déjà s’occuper des salariés déjà en place. « Un quart de la population a ou va développer des troubles psychiques au cours de la vie. Or, très souvent, les entreprises pensent que les pathologies psychiques sont inexistantes au sein de leur entreprise. Le problème, c’est que sur ce type de handicap, nous en sommes au même niveau qu’il y a une quinzaine d’années sur les autres types de handicap. Il existe énormément de préjugés et beaucoup de travail à faire dans les entreprises et les administrations « , admet-elle.

Parmi les cas les plus compliqués que cette dernière a eu à gérer figure d’ailleurs une entreprise où le déni s’était installé. « Nous avons eu un cas où nous avons été amenés effectuer un bilan de compétences. Et là, nous tombons sur un problème de comportement entre une salariée et son manager, ce dernier n’étant pas capable de discuter clairement avec elle de son handicap. Le problème en France, c’est le courage managérial », avance-t-elle.

L’exemple de la CGSS de Guyane

Récemment, Diane-Flore Depachtère est intervenue auprès des salariés de la Caisse générale de sécurité sociale de Guyane, une région où les habitants sont particulièrement touchés par la drépanocytose, « une maladie génétique qui provoque des situations de fatigue intense et qui peut être invalidante, surtout qu’il existe beaucoup de tabous autour de cette pathologie », explique la consultante.

« En amont, nous avons analysé de manière quantitative les données dont nous disposions avec les accords signés, les arrêts comptabilisés… Je me suis ensuite rendue durant deux semaines sur place et ai effectué un travail d’immersion et d’observation des comportements dans le cadre d’un diagnostic conseil. J’ai eu l’occasion de rencontrer lors d’entretiens une dizaine de collaborateurs, des RH, des représentants du personnel, des directeurs opérationnels et le médecin du travail. J’ai ensuite sensibilisé une vingtaine de collaborateurs dont des personnes des services RH et la responsable de la mission handicap. Nous avons ensuite monté, grâce à l’ensemble des informations récoltées, un groupe de travail afin d’établir un plan d’action permettant à la CGSS de Guyane de mieux communiquer en interne sur la question du handicap, tout comme vers l’externe pour attirer les futurs candidats. Aujourd’hui, nous avons déjà formé 12 salariés et voulons poursuivre le travail avec d’autres sessions de formation à venir », raconte Diane-Flore Depachtère.

 

À propos de Christophe ROTH

Délégué National Santé au Travail et Handicap Confédération CFE CGC
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